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Dans le cadre de l'encadrement spirituel des fidèles qui fréquentent le monastère du Mont Febe

et ceux de la Fondation Abbé Kouam et Amis (FAKA), une récollection du Carême a été organisé ce samedi 26 mars 2022 dans l'enceinte du monastère. Parmi les encadreurs, il y a eu le Prof Abbé Michel KOUAM, fondateur de la FAKA, le Père Sylvain ABIA et le Père Nicolas BIDUAYA, Prieur du Mont Febe. Ce dernier a aidé les fidèles à comprendre le message du Pape François pour le carême 2022. Voici le texte intégral :

Monastère des Bénédictins du Mont Febe

Yaoundé – Cameroun     

Récollection pour le carême 2022, samedi 26 mars 2022                                               

Comprendre le message du Pape François pour le Carême 2022

Thème : « Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion(Kaïros), travaillons au bien de tous. (Ga 6, 9-10a) »

Introduction :

« Qui sème le vent, récolte la tempête », dit-on. « Qui sème chichement, récolte chichement », dira saint Paul (2Co 9, 6). En tant qu’être humain, le chrétien est parfois soumis au penchant vers le mal qui tend à faire défaillir les relations interhumaines. C’est pourquoi il faut remettre en valeur la charité fraternelle et la solidarité. Voilà pourquoi à la suite de saint Paul qui s’inspire du monde agricole de semailles à la récolte, le saint Père nous exhorte pour ce carême 2022, à faire le bien sans limite.

  1. Le but du message du pape

Assainir nos relations interpersonnelles (Cf. Frattelli tutti). Faire le bien sans condition et sans discrimination.

  1. Constat:

« Dans notre vie la cupidité et l’orgueil, le désir de posséder, d’accumuler et de consommer prévalent trop souvent, comme le montre l’homme insensé dans la parabole évangélique, lui qui considérait sa vie sûre et heureuse grâce à la grande récolte amassée dans ses greniers (cf. Lc 12,16-21) ». « Face à l’amère déception de tant de rêves brisés, face à l’inquiétude devant les défis qui nous attendent, face au découragement dû à la pauvreté de nos moyens, la tentation est de se replier sur son propre égoïsme individualiste et de se réfugier dans l’indifférence aux souffrances des autres ».

  1. Que faire ?

Nous sommes invités au changement de mentalité, à la conversion (métanoïa). Nous sommes invités à faire le bien sans relâche. Mais qu’est-ce qu’on entend par faire le bien dans ce contexte ?

Faire le bien, c’est éliminer le mal pour lutter contre nos propres péchés, pratiquer la charité concrète, la justice, la solidarité. Tout bien que nous semons de manière individuelle ou communautaire, ne doit pas être un fardeau, mais une grâce qui nous fait participer à la magnanimité de Dieu. 

Le bien à semer :

  • Accueillir et Ecouter assidûment la Parole de Dieu (He 4, 12) (dans la lectio divina) ;
  • Ne pas nous lasser de prier. Nous devons prier sans cesse (Cf. 18, 1). Nous avons toujours besoin de Dieu. Personne ne peut se suffire à soi-même. « Si la pandémie nous a fait toucher du doigt notre fragilité personnelle et sociale, que ce Carême nous permette d’expérimenter le réconfort de la foi en Dieu sans laquelle nous ne pouvons pas tenir (cf. Is 7, 9). Personne ne se sauve tout seul, car nous sommes tous dans la même barque dans les tempêtes de l’histoire. Mais surtout personne n’est sauvé sans Dieu, car seul le mystère pascal de Jésus-Christ donne la victoire sur les eaux sombres de la mort.
  • Ne pas nous lasser d’éliminer le mal de notre vie. Sortir de notre égoïsme. Ne pas nous lasser de lutter contre la concupiscence, cette inclinaison à l’égoïsme et à toute sorte de mal.
  • Comptant toujours sur la miséricorde infinie de Dieu, ne nous lassons pas de demander pardon dans le sacrement de la réconciliation et de la pénitence ;
  • Ne pas nous lasser de faire le bien dans la charité concrète envers notre prochain. Au cours de ce Carême, pratiquons l’aumône avec joie (cf. 2 Co 9, 7). Dieu « fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture » (2 Co 9, 10). Il pourvoit à chacun d’entre nous, non seulement pour que nous puissions avoir à manger, mais aussi pour que nous puissions faire preuve de générosité en faisant du bien aux autres ».
  • S’il est vrai que toute notre vie est un temps pour semer le bien, profitons particulièrement de ce Carême pour prendre soin de nos proches, pour nous rendre proches de ces frères et sœurs blessés sur le chemin de la vie (cf. Lc 10, 25-37). Le Carême est un temps propice pour rechercher, et non éviter, ceux qui sont dans le besoin ; appeler, et non ignorer, ceux qui désirent l’écoute et une bonne parole ; visiter, et non abandonner, ceux qui souffrent de la solitude. Mettons en pratique l’appel à faire du bien envers tous en prenant le temps d’aimer les plus petits et les sans défense, les abandonnés et les méprisés, celui qui est victime de discrimination et de marginalisation (cf. Enc. Fratelli tutti, n. 193). En parlant du carême, Saint Benoît dit que toute la vie du moine est un carême permanent. Mais il recommande au temps du carême de précepte, d’en profiter pour corriger les manquements d’autres temps. (Cf. Règle de Saint Benoît, chapitre 49).
  1. Les bénéficiaires du bien

Tous ceux qui sont dans les besoins : les victimes de la pandémie, de la guerre, de la division et de la malnutrition, les marginalisés, ceux pour qui on ne prie pas, tous ceux qui ont besoin de notre prière, de notre pénitence et de notre partage. Il s’agit donc de la triade : Dieu, les autres et nous-mêmes. 

  • Dieu: ne nous lassons pas de prier. Nous avons toujours besoin de Dieu.
  • Les autres: faire l’aumône avec joie. Si Dieu nous fait grâce d’avoir telle ou telle chose, c’est pour partager. Face à la difficulté de tendances égoïstes de certains médias aujourd’hui, le carême est aussi un temps favorable pour cultiver et favoriser une communication humaine plus intégrale avec de vraies rencontres, pas de rencontres virtuelles (Cf. Frattelli tutti, n°43).
  • Nous-mêmes: le jeûne corporel nous aide nous-mêmes à lutter contre nos péchés. Très souvent, nous oublions de prendre soin de nous-mêmes. C’est nous en principe les premiers bénéficiaires de tout bien. « La charité bien ordonnée commence par soi-même », sans oublier autrui.
  1. Face au découragement à faire le bien

En matière de la spiritualité, le découragement s’apparente à l’acédie, à la sécheresse spirituelle.  Certes, on peut se décourager à faire le bien et se plaire à vivre dans l’égoïsme. Mais le carême nous appelle à placer notre foi et notre espérance dans le Seigneur (Cf. 1P 1, 21). La foi ne nous dispense pas des tribulations de la vie, mais elle permet de les traverser unis à Dieu dans le Christ, avec la grande espérance qui ne déçoit pas et dont le gage est l’amour que Dieu a répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint (cf. Rm 5, 1-5) ».

Alors, pour ne pas nous lasser de faire le bien, nous devons avoir le regard fixé sur le Christ ressuscité (Cf. He 12, 2). Sachons compter sur la grâce de Dieu et la communion de l’Eglise.

Pour ne pas renoncer, il faut vivre dans la persévérance et la conviction personnelle et communautaire ; il faut avoir de la patience constante comme le fait le cultivateur (Cf. Jc 5, 7). « En ce temps de conversion, trouvant appui dans la grâce de Dieu et dans la communion de l’Église, ne nous lassons pas de semer le bien. » Nous allons récolter si nous ne perdons pas courage.

  1. Fruit de la récolte:
  • La joie de servir Dieu à travers les frères et sœurs.
  • Notre propre sainteté, la vie éternelle, le bien eschatologique obtenu dans la mort au péché et la résurrection avec le Christ (Cf. ls 12, 33…).
  • En semant pour le bien des autres, nous participons à la magnanimité de Dieu, nous dit le pape. Semer pour le bien des autres, nous fait sortir de notre égoïsme.

Conclusion

Ce message du pape nous invite à nous interroger sur la qualité de  notre pénitence, ce paramètre du carême qui renvoie à la relation avec nous-mêmes ; la qualité de notre partage, ce paramètre du carême qui renvoie à la relation avec notre prochain et sur la qualité de notre prière qui nous renvoie à la relation avec notre Dieu. Le jeûne prépare le terrain, la prière l’irrigue, la charité le féconde. En tant que collaborateurs de Dieu, premier agriculteur, nous devons profiter de ce temps favorable, cette occasion propice (kaïros) de carême 2022 pour semer le bien dans le cœur de nos frères et sœurs.

Comme disent les latinistes, carpe diem. Profitons donc de ce temps favorable (kaïros) de carême, pour semer le bien en vue de la récolte du bien supérieur venant de Dieu.

Comme prie le pape à la fin de son message, que « la Vierge Marie, du sein de laquelle a germé le Sauveur, et qui gardait toutes les choses « et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19), nous obtienne le don de la patience et nous soit proche par sa présence maternelle, afin que ce temps de conversion porte des fruits de salut éternel. »

Questions de méditation :

Avons-nous déjà pris conscience de notre statut de collaborateurs de Dieu dans le bien ? Avons-nous aussi pris conscience de notre oubli de faire du bien aux autres, à Dieu et à nous-mêmes ? Avons-nous déjà confessé cet oubli ? Y’a-t-il possibilité de nous rattraper ? Donnons quelques exemples concrets de bien à semer durant ce carême.

 Nicolas BIDUAYA, OSB

Prieur du Mont Febe